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Ce dimanche 15 avril, le Musée donnait rendez-vous au public pour sa première date de « Rendez-vous contes ! »…

Près de 30 personnes, de tout âge et de tous horizons, ont savouré plusieurs récits sur la Renaissance interprétés par la conteuse Kathleen Fenton et le comédien Christophe Valério de la compagnie "Mise en Pièce".

L’un et l’autre ont su capter l’attention, transmettre émotions et passion et nous transporter dans le temps…Kathleen Fenton a ouvert le bal dans la salle Renaissance et a dévoilé l’histoire de la découverte de la « Pomme d’amour » (la tomate)

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Le 3 août 1492, Christophe Colomb, affirmant l’idée que « la terre est ronde ! » pense ouvrir un nouvel itinéraire vers les Indes. (…)Ce dont le capitaine ne se doute pas encore c’est qu’il vient de faire la découverte fabuleuse du Nouveau Monde. Ce qu’il pense être « les Indes occidentales » est en fait un nouveau continent, les Amériques. Les frontières de l’Ancien Monde sont totalement remises en question et les nombreux trésors ramenés de cette expédition ne sont pas que pièces d’or !

La légende de Peyrot Bory en témoigne. Le jeune marin, à son retour de voyage, sema quelques-unes de ces graines étranges rapportées des « isles ». Il en récolta de  magnifiques fruits rouges, ronds et lisses Et pour séduire le cœur de sa belle prénommée Ferline, chaque matin, il en abandonnait une petite corbeille au bord de sa fenêtre. Au bout de quelques jours, elle le surprit et, au moment même où il renouvelait son offrande :

“Dis-moi, ami, lui dit-elle, comment s'appelle donc ce fruit délicieux que tu m'apportes chaque jour?”

“Lorsque j'étais aux Amériques, les Indiens l'appelaient la “tomate”, mais moi je l'appelle “Ferline” en souvenir de toi, tant elle est belle !”

“Eh bien, lui dit-elle en se jetant dans ses bras, à partir d'aujourd’hui, nous l'appellerons “la pomme d'amour”. (…)

Extrait du conte sur la tomate écrit par le Musée

 

Christophe Valério a poursuivi l’aventure dans la salle de Rome…Jouant le rôle de Joachim Du Bellay entretenant une correspondance avec son ami Ronsard, il a su exalter l’amour du poète pour une jeune romaine nommée Faustine et exprimer son désespoir face à la captivité de la belle…

 

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Pendant mes 3 premières années de séjour à Rome,  je n’ai jamais croisé l’amour,  Ronsard, aucune des innombrables courtisanes ne m’a jamais attiré. Je dois le dire mon cœur était tout entier encore consacré à la douce Olive, rencontrée il y a déjà plusieurs années… Je pleurais encore et toujours cet amour perdu…. Quand soudain, j’ai rencontré Faustine… Comment est –elle ? Elle a de grands yeux noirs, des cheveux tout aussi noirs, un front large d’une blancheur de neige, des lèvres couleur de rose. Rome n’a jamais vu et ne devait jamais voir femme plus belle. Son charme ne peut  et ne pourra jamais être égalé. (…)

 

Mais si je t’écris mon ami, ce n’est pas pour te relater mon bonheur mais plutôt mon désespoir et mon chagrin. Tu dois m’aider ! 


On m’a enlevé Faustine !  Ma belle est mariée et son époux est laid, vieux et glacé par l’âge. Surtout, il est d’une jalousie dévorante ! Un soir, pendant qu’elle laissait ouverte – ah folie !- la porte de sa maison, il l’a fait enlever et enfermer pour m’empêcher de la retrouver !  Lui seul peut lui rendre visite. Partout, il va triomphant et se réjouit de ma peine. Quel rustre ! Quel fourbe ! Quel odieux époux ! C’est un vautour cruel qui a des serres crochues et, féroce, il lui déchire les entrailles ! (…)

 

Extrait du conte sur Faustine écrit par le Musée

 

 

 

Dans la salle de l’Olive, Kathleen a confié au public la douleur de Catherine de Médicis à la mort de son époux Henri II mais également dévoilé ses ambitions politiques…

 

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Mon mari le roi de France Henri II est mort. Il est mort dans mes bras après une agonie de dix jours… Je l’ai veillé sans relâche, j’ai pleuré, j’ai prié. Mon chagrin est réel et profond.(…)


Avec sa mort, je perds tout : j’avais avec patience conquis sa confiance, son estime et parfois même sa tendresse. Je pensais être en mesure de le soumettre à mon emprise… je pensais être bientôt associé à la conduite de l’État. (…)


J’ai trois fils, un mage m’a prédit qu’ils deviendront tous rois de France.  Tous sont instables, de santé fragile, atteints de tuberculose, sujets à des accès de fièvre et à des explosions de violence. (…)


Je pourrai les former au métier de roi mais hélas l’état du royaume ne le permet pas : le pays est déchiré par les guerres de religion  ce n’est pas le moment de laisser un jeune roi apprendre son métier sur le tas. La France a besoin d’une main ferme.  Je suis capable de tenir les reines de notre pays : je peux décider à la place de mes fils, préparer leurs discours, souffler leurs répliques et se substituer à eux en tout et pour tout.(…)

 

Extrait du conte sur Catherine de Médicis écrit par le Musée

 

 

Enfin, Christophe Valério dans la salle de Paris,  a relaté la rencontre de François 1er, roi de France et d’Henri VIII, roi d’Angleterre, au « Camp du Drap d’or », à la manière d’un commentateur sportif…Un anachronisme volontaire pour une approche originale et décalée !

 

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Nous en sommes en juin 1520, François 1er souhaite faire alliance avec le roi d’Angleterre Henry VIII. Pour gagner la sympathie du souverain anglais notre roi a décidé de l’accueillir avec le plus de luxe et le plus de faste possible. Une véritable opération séduction se prépare !

Près de Calais, 5000 ouvriers ont donc construit un village éphémère :

500 tentes couvrent  une petite plaine, chacune est recouverte de velours ou de drap d’or, la plus belle des étoffes, chacune est piquée en son sommet d’une pomme d’or.  C’est tout simplement éblouissant.             

L’une des tentes, plus grande et plus importante, est soutenue par 2 grands mâts : c’est celle réservée au roi de France

Une autre qui est en fait un château de bois, de toile et de verre va accueillir le roi d’Angleterre. (…)

 

C’est qu’il s’agit de la première rencontre entre les deux souverains. Nous allons vivre un moment HIS-TO-RI-QUE ! Dans cinq siècles nos descendants en parleront encore et encore ! J’en suis sûr !

Henri VIII est arrivé à Calais  avec  5000 personnes et 3000 chevaux. Un voyage pénible m’a-t-on dit ! Ah j’entends  les trompettes, les cors et les clairons ! Les deux rois, montés sur leurs chevaux, vont partir  à la rencontre l’un de l’autre au premier coup de canon. Pan ! Ils se sont mis en chemin à la même seconde. Ils approchent doucement. Chacun retient sa respiration. C’est un moment solennel.

 

François 1er est vêtu de blanc,  il a une ceinture et des chausses d’or et est coiffé d’une toque empanachée. Il est MA-GNI-FI-QUE.

Henri VIII comment le décrire ? Et bien c’est Henry VIII… il a ses vêtements recouverts de pierres précieuses mais cela ne suffit pas à cacher son embonpoint !  Son chapeau me semble être en soie et velours, pourquoi pas ? La mode de l’autre côté de la Manche ne peut être aussi délicate qu’en notre royaume. Soyons indulgent. (…)

 

Extrait du conte sur le « Camp du drap d’or » écrit par le Musée

 

 

Après dégustation de mots, place au mets : nous avons convié nos invités à un goûter composé des délicieux gâteaux du restaurant "la Cerise sur le gâteau" à Ancenis. De quoi régaler les petits ventres...

 

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